à propos de nous

"Le Souffle de Léa"


Il était 3h du matin. Encore.

Thomas se levait pour la quatrième fois. Léa pleurait — pas de faim, pas de douleur. Juste ce besoin que seuls les nouveaux parents comprennent : être bercée.

Sophie murmurait depuis le lit, les yeux gonflés :
— Tu crois qu'on va y arriver ?

Ils avaient tout essayé. Les bras qui s'engourdissent. La voiture à minuit. Ces balancelles achetées en urgence — trop rigides, trop bruyantes — qui finissaient dans un coin du salon comme des remords.


Ils ne cherchaient pas un produit.

Ils cherchaient quelques heures de paix. Juste l'impression, une fois, que tout allait bien se passer.

C'est Sophie qui avait trouvé la balancelle, un mardi soir, presque par hasard. Elle ne l'avait pas choisie pour ses fonctions — elle l'avait choisie parce qu'en la regardant, elle avait imaginé Léa dedans. Sereine. Les paupières lourdes.

La première nuit, Léa avait dormi 4 heures d'affilée.

Sophie avait pleuré. Pas de tristesse — de soulagement.


Aujourd'hui Léa a 8 mois. La balancelle est toujours là, près de la fenêtre.

Thomas et Sophie ne l'ont pas rangée.

Parce que dans ce petit siège, il y a des nuits entières. Des larmes séchées. Des regards échangés à 3h du matin qui disaient sans un mot :

"On y arrive. Ensemble."


Certains objets ne sont pas que des objets.
Ils sont des témoins de qui on devient.